Paroisse Saint-Jean-Baptiste de Sceaux
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        Textes du 5ème dimanche du temps ordinaire

Textes du 5ème dimanche du temps ordinaire

Année C

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  • 1er décembre 2000

Première lecture : Livre du prophète Isaïe, chapitre 6, versets 1 & 2a, 3 à 8.

L’année de la mort du roi Ozias, donc vers 735, Jérusalem est dans une situation critique, menacée par une coalition entre le royaume du Nord (Samarie) et le royaume de Damas. C’est à cette époque que se situe la vocation du prophète Isaïe suscité par Dieu pour soutenir le moral du royaume de Judas.

La première partie de la lecture ( versets 1 à 6) nous dit comment, au cours du rituel du sacrifice de l’encens – c’est au cours de ce même rituel que Zacharie recevra l’annonce de la naissance de Jean-Baptiste, lire dans St Luc, chapitre 1, 8 à 22 - Isaïe va faire une expérience d’ordre mystique : la perception quasi-physique de la Présence du Dieu trois fois Saint. Notre triple acclamation du « Sanctus » est l’écho de cette liturgie céleste.

La révélation de la sainteté de Dieu n’est pas celle d’une Toute-Puissance dominatrice mais celle d’un Dieu qui veut nouer une relation vivante avec ses créatures. On comprend l’effroi du prophète : « Malheur à moi ! Je suis réduit au silence », car nul ne peut voir Dieu sans mourir ! (lire dans le livre de l’Exode, chapitre 33, 20…).

Remarquons que c’est Dieu Lui-même qui purifie son serviteur par l’entremise d’un séraphin. Mais c’est en toute liberté, puisque c’est lui-même qui se propose, qu’Isaïe va répondre à l’appel de Dieu. Cette lecture nous prépare à écouter dans l’évangile le récit de la vocation des trois premiers apôtres.

Psaume 137.

Jésus a chanté ce psaume d’action de grâce au cours des liturgies à la synagogue de Nazareth : « Oui, Seigneur, éternel est ton amour, N’arrête pas l’œuvre de tes mains ! »

Evangile de Jésus Christ selon saint Luc. Chapitre 5, versets 1 à 11.

Dimanche dernier nous avions laissé Jésus mal reçu à la synagogue de Nazareth. De là, il est descendu à Capharnaüm où il commence sa vie de prophète itinérant. Alors que Matthieu et Marc n’évoquent que d’une façon très brève l’appel des 4 premiers disciples, Saint Luc, au contraire va développer cette scène avec le récit de la pèche miraculeuse qu’il est seul à évoquer avec St Jean qui place le récit de cette pèche après la résurrection de Jésus (lire Jean, 21, 1 à 13.)

La barque de Pierre qui pour Saint Luc est l’image de l’église est utilisée comme lieu de prédication. Les trois disciples appelés sont Pierre, Jacques et son frère Jean. Ils seront les témoins privilégiés de la Transfiguration et de la prière de Jésus à Gethsémani. Le résultat de la pèche est tel qu’il manifeste la présence du surnaturel. Pierre a la même réaction que le prophète Isaïe. Il reconnaît l’infinie distance qui le sépare de la sainteté de Jésus.

En lisant cette page d’évangile il faut nous rappeler que Luc est l’auteur du livre des Actes des Apôtres qui forme avec son évangile un seul ouvrage. La jeune communauté chrétienne pour laquelle il écrit son évangile est comme immergée dans un monde totalement étranger au message chrétien. Comme les apôtres qui ont peiné toute la nuit sans rien prendre, les chrétiens de Luc risquent de se décourager devant l’ampleur de la tâche. On ne peut rien sans l’aide de Dieu, mais si on lui fait confiance tout devient possible : « Sur ta parole, je vais jeter le filet… » Ne sommes-nous pas, nous aussi dans une situation identique à celle des premières communautés chrétiennes ? Alors nous aussi, faisons confiance à Dieu…

Seconde lecture : Première lettre aux Corinthiens, chapitre 15, versets 1 à 11.

Ce chapitre 15 va être lu au cours des prochains dimanches. Chaque section pour être compréhensible est à replacer dans l’ensemble de ce chapitre qui traite de la résurrection : celle de Jésus et de la nôtre. Cette question de la résurrection était difficile pour ces chrétiens de culture grecque très marqués par le dualisme de Platon : l’homme est composé d’un corps et d’une âme. La mort est une libération pour l’âme qui jouit de la félicité éternelle. Retrouver son corps après la mort est impensable et les Athéniens le font comprendre à Paul lors de son passage à Athènes – lisez dans les Actes, le chapitre 17, 30…- Au contraire, dans la mentalité sémitique qui est celle de l’évangile, cette dualité du composé humain est ignorée. Quand la bible parle du « corps », elle parle de l’homme dans son entier. De même lorsqu’elle parle de l’âme. En hébreux, il y a deux mots différents pour dire la réalité de l’homme suivant que l’on considère l’homme dans sa dimension charnelle ou sa dimension spirituelle. Lorsque Jésus dit « Ceci est mon Corps » il veut nous dire : « C’est moi dans mon humanité par laquelle je peux être en lien vivant avec chacun de vous. » ; Pour Jésus ressuscité son humanité a été entièrement comme spiritualisée. Elle n’est plus grevée par les limites des réalités crées. Elle participe aux qualités de l’esprit.

Les 11 premiers versets nous exposent le cœur de la foi chrétienne. C’est la formulation la plus ancienne du Credo chrétien : Cet homme Jésus que vous avez crucifié est ressuscité, Dieu l’a fait Christ et Seigneur. Il n’y a pas d’autre Nom par lequel nous puissions être sauvés.

Paul lui-même a fait l’expérience de la rencontre personnelles avec le Ressuscité sur le chemin de Damas. L’apôtre transmet aux Corinthiens ce message, cette « tradition » qui se fonde sur le témoignage de ceux à qui Jésus s’est donné à voire après sa mort et sa résurrection. Ce témoignage fonde la foi des Corinthiens mais aussi la nôtre aujourd’hui.

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