Paroisse Saint-Jean-Baptiste de Sceaux
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        Textes du 3ème Dimanche de Carême

Textes du 3ème Dimanche de Carême

Année C

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  • 1er décembre 2000

Première lecture : Livre de l’Exode. Chapitre 3, 1 à 8 ; 10, 13 à 15.

Selon la tradition rabbinique la vie de Moïse se partage en trois périodes de 40 ans chacune.
- 40 ans à la cour du Pharaon dont il s’enfuit à la suite d’une intervention malheureuse en faveur de frères hébreux persécutés.
- 40 ans au service de Jéthro, prêtre de Madian où il avait trouvé refuge.
- 40 ans à la tête du Peuple de Dieu durant l’Exode, le conduisant jusqu’au seuil de la Terre Promise.
La lecture de ce dimanche se situe au terme de son séjour à Madian. Moïse se trouve au pied du mont Sinaï. Dieu se manifeste à lui à travers une théophanie : la vision du « Buisson ardent » et l’appelle pour être le libérateur de son Peuple esclave et le conduire à travers le désert jusqu’à une terre de liberté, la Terre Promise.

Avec ce buisson ardent qui brûle sans se consumer nous retrouvons l’image du feu, signe de la présence de Dieu, image que nous avions déjà rencontrée dans le rite d’alliance entre Dieu et Abraham.

Remarquez dans ce récit l’importance du regard :
- Moïse fait un détour pour regarder…
- Le Seigneur le voit…
- Le Seigneur a vu la misère de son Peuple
Dieu se fait connaître dans un premier temps comme le Dieu d’Abraham, d’Isaac et de Jacob. Au terme du récit Il donnera son Nom : « JE SUIS ». Dans la bible donner son nom à quelqu’un c’est reconnaître un lien particulier avec celui à qui on se nomme. Jésus, dans l’évangile de Saint Jean reprendra plusieurs fois à son compte le nom divin en disant : « JE SUIS… »

Relisez dans une bible le récit complet de cette rencontre de Moïse avec le Seigneur. Le lectionnaire n’en donne que des extraits, supprimant en particulier les versets 11 & 12 où on voit Moïse discuter avec Dieu : « Qui suis-je pour que… » La réponse du Seigneur est un appel à la foi, à la confiance : « Je serai avec toi… » On ne peut pas ne pas penser à la prophétie d’Isaïe au chapitre 7, 14 avec l’annonce de l’EMMANUEL, c’est à dire DIEU-AVEC-NOUS.

A travers cette lecture nous pouvons saisir comment Dieu est à la fois le Tout-Autre, Transcendant, et en même temps le Dieu qui se fait proche de chacun.

Psaume 102.

C’est un psaume d’action de grâce pour l’inépuisable bonté de Dieu. La liturgie nous donne à méditer la première partie de ce psaume. Ce beau poème serait à prier en entier. Le Seigneur qui a vu la misère de son Peuple continue aujourd’hui auprès de nous son œuvre de pardon et de salut.

Seconde lecture : 1ère lettre de Saint Paul aux Corinthiens. Chapitre 10, 1 à 6, 10 à 12.

Avec la première lecture nous étions comme au point de départ de l’Exode. Avec Saint Paul, nous faisons une relecture de quelques épisodes de cette Exode. Cette relecture est une occasion de nous rappeler que ces récits de l’Exode ne sont pas d’abord des récits historiques mais des récits théologiques . Ils ont pour fonction de nous donner un enseignement pour notre foi. Paul a la conviction que ce Jésus qu’Il a rencontré sur le chemin de Damas est déjà présent à travers tout Le Premier Testament. Ce qui a été vécu autrefois par le Peuple de Dieu est valable pour nous aujourd’hui. Le passage de la mer Rouge nous renvoie à notre baptême ; le rocher frappé par Moïse et d’où jaillit l’eau pour apaiser la soif du peuple, ce rocher est le Christ lui-même qui apporte l’eau vive. Relisez le récit de la Samaritaine dans l’évangile de Saint Jean. Pourquoi le lectionnaire a-t-il omis au verset 4 l’adjectif « spirituel » appliqué au rocher ? De même, un peu plus loin Paul écrit : « Ils ont été baptisés… » Et le lectionnaire ajoute : « Ils ont été pour ainsi dire baptisés… », édulcorant un texte très fort ! Saint Paul est formel : le Christ et son Esprit étaient déjà présents dans ces évènements. Tout cela a pour nous valeur d’avertissement : nous sommes prévenus, alors « celui qui se croit solide, qu’il fasse attention à ne pas tomber… »

Lecture de l’évangile selon saint Luc. Chapitre 13, versets 1 à 9.

Nous sommes dans la seconde partie du récit que fait Saint Luc du ministère publique de Jésus. Du chapitre 4, 13 au chapitre 9, 50, nous étions en Galilée. Depuis le chapitre 9, 51, c’est le long récit de la montée de Jésus vers Jérusalem où il va vivre son Exode. La 1ère et la 2ème lecture nous ont fait partager l’aventure spirituelle de Moïse et du Peuple de Dieu. L’évangile est un appel à suivre Jésus : durant tout ce carême nous revivons avec Jésus son Exode et nous sommes invités à la conversion.

Notre lecture de ce dimanche comporte deux parties :
- versets 1 à 5 : deux faits divers.
- versets 6 à 9 : une parabole.

Les deux faits divers rapportés ici évoquent deux cas de mort violente, prématurée et collective de la part des hommes (Hérode) pour la première, accidentelle pour la seconde. Ces victimes ne subissent pas une punition de leurs péchés. Mais la mort physique de ces malheureuses victimes est l’image de la mort spirituelle de ceux qui ne se convertiront pas. Ceux qui ont été épargnés sont tout autant pécheurs que les victimes. Jésus redira cela très nettement dans l’évangile de Saint Jean à propos de l’aveugle de naissance au chapitre 9, verset 3. Ce n’est pas parce qu’il ne nous arrive rien de grave que nous ne sommes pas pécheurs. Donc, il y a urgence à nous convertir. C’est la leçon de la seconde partie de notre évangile. Avec cette parabole nous retrouvons le thème de l’arbre appelé à donner du fruit. Le Christ est à la fois celui qui appelle à la conversion et le vigneron qui intercède auprès de maître, comme Moïse intercédait auprès de Dieu pour son peuple. Le chiffre trois est symbolique marquant un accomplissement. Il semble donc signifier ici que jamais ce figuier ne donnera du fruit. Et cependant le vigneron (Jésus) insiste auprès du maître (Dieu le Père). Jésus est sûr de la miséricorde du Père. Dimanche prochain nous lirons la parabole de l’enfant prodigue…

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