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        Textes du 32e Dimanche du Temps ordinaire

Textes du 32e Dimanche du Temps ordinaire

Année A

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  • 1er janvier 2001

Au cours des trois derniers dimanches de cette année liturgique nous allons relire le chapitre 25 de l’évangile selon st Matthieu Ainsi nous terminerons la lecture de cet évangile lu tout au long de l’année A. Ce chapitre 25 comporte trois paraboles qui nous invitent à tourner nos regards vers l’avenir dans une attitude de vigilance. C’est un discours de type « eschatologique » ( en grec : « logos » c’est à dire parole et « eschata » c’est à dire les fins dernières.) Vous pourrez lire d’une traite ce chapitre 25 pour bien situer ces trois paraboles.

Première lecture : Livre de la Sagesse, Chapitre 16 versets 12 à 16

Ce livre est un des derniers livres de notre ancien testament. Sa rédaction est à situer au cours du 1er siècle avant Jésus Christ. Pour l’écrivain biblique la "sagesse" est beaucoup plus qu’une simple activité intellectuelle, à la fois plus large et plus concrète. Ainsi les orfèvres, les forgerons, les bâtisseurs en particulier du Temple sont qualifiés de "sages". La sagesse englobe les activités de la technique comme celles de la vie en société : à la fois un "savoir faire" et un "savoir vivre". Le sage est celui qui, contemplant la nature, la vie en société, la vie tout court en déduit des règles de vie, cherchant à découvrir l’ordre du monde et mener ainsi une vie conforme à la volonté de Dieu. Peu à peu cette notion de sagesse est personnifiée, lui donnant une origine divine : lointain pressentiment que l’Eternel, le Dieu Unique n’est pas hautaine solitude mais communion de personnes. Le livre de la Sagesse développe le rôle de cette sagesse affrontée à cette époque à la séduction de la philosophie grecque. Cette sagesse va et vient pour rechercher ceux qui sont dignes d’elle…elle vient à leur rencontre. Jésus ira à son tour à la rencontre des hommes et les vierges de l’évangile iront aussi à la rencontre de l’époux (le Christ). Cinq d’entre elles seront qualifiées de "sages".

Psaume 62

Ce psaume est un psaume de confiance. A partir d’images concrètes il exprime fort bien ce désir de Dieu ( de la Sagesse) qui brûle au cœur du psalmiste. C’est un véritable dialogue entre le "je" et le "tu" qui dit bien ce qu’est la vraie prière.

Lecture de l’Evangile selon saint Matthieu, Chapitre 25, versets 1 à 13

Jésus, sachant comment se déroulaient les noces à son époque imagine un scénario qui comporte un certain nombre d’invraisemblances dont il était probablement conscient et cela dans le but de nous donner un enseignement précis.

Invraisemblances : des jeunes filles qui s’endorment à un mariage parce que le marié est tellement en retard. On ne va pas chez les marchands la nuit : les boutiques sont fermées ! Et cette porte qui se ferme alors qu’en Orient les noces se passent en plein air ! Et aussi ce refus de la part de ces jeunes filles « sages » de partager !

Bien sûr on peut penser que le cadre des noces a été choisi par Jésus pour nous faire penser au thème des Noces du Royaume. Mais la pointe du récit est ailleurs. Jésus parlait de sa venue. Laquelle ? Dans le contexte du chapitre 25 il s’agit de la venue de Jésus au dernier Jour…Dans cette perspective, l’époux est le Christ lui-même et nous sommes donc dans une situation de vigilance.

Regardons les jeunes filles. Elles sont deux fois cinq. Pourquoi ? Certains commentateurs répondent en disant que ces jeunes filles représentent les deux mains : nous pouvons être prévoyants ou avisés ou alors insensés et imprévoyants…

Cinq sont insensées, cinq prévoyantes ou plus exactement sages. Le sage est celui qui fait la volonté de Dieu. L’insensé est celui qui agit selon sa volonté propre. L’époux (le Christ) lorsqu’il arrive ne reconnaît que les sages qui seules peuvent avoir part au Royaume. Jésus a toujours fait la volonté de son Père.. On trouve l’équivalent de notre histoire dans st Luc, au chapitre 13, 24-25. Vous pouvez vous y reporter. N’oublions pas que nous sommes toujours dans une situation de vigilance. On dort ou on ne dort pas ! Cette huile de la vigilance ne peut pas se partager ! Tenir sa lampe allumée, aller à la rencontre de Jésus, veiller, tout ce cheminement est un cheminement personnel qu’on ne peut pas faire à la place des autres…

Seconde lecture : Première Lettre aux Thessaloniciens Chapitre 4, versets 13 à 18

Nous sommes pour une fois dans le même contexte que celui de l’évangile : celui de la fin des Temps. Les Grecs avaient beaucoup de peine à concevoir la résurrection à cause de leur conception dualiste de l’homme composé d’un corps ET d’une âme. Les juifs ignoraient cette distinction. Pour eux, il y avait l’homme charnel, l’homme spirituel. C’est tout l’homme qui était appelé à ressusciter. Jésus est le premier ressuscité et à sa suite tous les hommes sont appelés à participer à sa résurrection. Dans la première lettre aux Corinthiens Paul, au chapitre 15 déploie beaucoup d’efforts pour montrer que la résurrection des morts est la conséquence de celle de Jésus. Pour comprendre ce texte il faut se rappeler que les premières communautés chrétiennes vivaient dans l’attente imminente du retour de Jésus. Les gens de Thessalonique se demandaient si ceux d’entre eux qui seraient déjà morts au moment du retour de Jésus ne seraient pas de ce fait dans une situation défavorable. La réponse de Paul est très nette : Non ! et pour évoquer cette fin du monde, Paul utilise les images traditionnelles de l’époque : voix de l’ange, nuée, mouvement de descente … Nous retrouvons ce thème de la vigilance qui est comme un fil rouge qui unit nos trois lectures.

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