Paroisse Saint-Jean-Baptiste de Sceaux
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        Textes de la fête de l’Epiphanie

Textes de la fête de l’Epiphanie

Année C

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  • 1er décembre 2000

Le mot « Epiphanie » a un sens précis : il signifie « manifestation ». La fête de l’Epiphanie nous rappelle qu’aujourd’hui nous célébrons en Jésus est la manifestation de Dieu à toute l’humanité. Tous les textes choisis pour la liturgie de cette fête nous disent l’universalité du message chrétien…. Et ce gâteau rond et doré en forme de soleil, cette galette dégustée au dessert nous rappelle que Jésus, comme le soleil est lumière pour le monde.

Première lecture : Lecture du Livre d’Isaïe, chapitre 60, versets 1 à 6.

Il faut avoir vu un lever de soleil sur Jérusalem depuis le mont des Oliviers pour saisir toute la richesse symbolique de cette lecture. La vallée du Cédron est encore dans une demi-obscurité que déjà les rayons du soleil levant éclairent le dôme de la mosquée de la Roche. Cela devait être encore plus beau au temps de Jésus : le temple venait d’être reconstruit et les ors des façades rayonnaient de toute leur splendeur ! Le texte lu aujourd’hui est pris au troisième livre du Prophète Isaïe, livre écrit par un lointain disciple du prophète Nous sommes après le retour des déportés de Babylone à Jérusalem en 520 avant Jésus Christ à la suite de l’édit de Cyrus, daté de l’an 539.

Dans cette immense caravane sont déjà présents les Mages venus d’Orient et à leur suite, l’immense caravane de la foule des croyants en marche vers la Jérusalem céleste. Ainsi se réalise la promesse faite à Abraham – livre de la Genèse, 12, 3…-« Par toi, se béniront toutes les nations… »

Psaume 71.

Dans la première lecture, Jérusalem est comparée à une femme qui voit revenir ses enfants. Ce psaume exprime l’attente d’un nouveau roi. En Israël, la royauté a disparu depuis la prise de Jérusalem en 587. Ce roi apportera avec lui, la justice et la paix. Peut-être que dans la pensée de ceux qui ont rédigé cette prière, ce roi était la personnification de la communauté d’Israël, héritière de David, exerçant en son nom la royauté. Pour nous chrétiens, ce Roi est le Messie, ce Jésus dont nous venons de fêter la naissance, reconnu comme ROI de toute l’humanité.

Aujourd’hui, à la suite des Mages, nous venons l’adorer.

Seconde lecture : Lettre de Saint Paul aux Ephésiens, chapitre 3, versets 2 & 3, 5 & 6.

Dans cette lettre le mot « mystère » a un sens précis. Ce mot désigne le dessein fondamental de Dieu . Ce dessein est de rassembler toute l’humanité, juifs et païens, en un seul peuple en supprimant le mur de la haine qui séparait les uns et les autres. Le Corps dont nous parle Paul, est le Royaume de Dieu qui rassemble tous les hommes de tous les temps dans la personne de Jésus. L’église, notre église, est le signe de la présence de ce royaume au milieu des hommes d’aujourd’hui. L’universalisme du message divin, pressenti dans la première lecture est clairement manifesté ici. C’est de cet universalisme dont nous avons à être les témoins. Là se situe notre mission de baptisés.

Evangile selon Saint Matthieu, chapitre 2, versets 1 à 12.

Les deux premiers chapitres de l’évangile de Matthieu sont comme une préface à son œuvre. Sous la forme de récits dits de l’enfance il répond par avance à deux questions : qui est Jésus ? Et que vient-il faire ? Pour ce faire, s’adressant à des chrétiens venus du judaïsme qui connaissaient par cœur les textes du premier testament, il utilise largement ces textes soit par des citations explicites, soit par des allusions. Ainsi la citation des versets 5 & 6 est tirée du livre du prophète Michée, citation que Matthieu modifie légèrement !

Les versets qui mentionnent cette étoile qui a fait couler beaucoup d’encre font allusion à un texte du livre des Nombres où il est question d’un certain Balaam, sorte de mage qui parle d’un mystérieux personnage qui sera chef d’Israël. Lisez ce texte au chapitre 24 du livre des Nombres. Je vous cite le verset 17 : « Un astre issu de Jacob devient chef, un sceptre se lève issu d’Israël. » Dans le récit de Matthieu l’astre devient une étoile qui elle-même symbolise Jésus, la lumière du monde. Saint Ambroise, évêque de Milan écrivait : « Le Christ est l’étoile, car une étoile s’élèvera de Jacob et un homme surgira d’Israël. » Les mages représentent le monde païen appelé au salut tout comme Israël. Le message que Dieu avait confié au peuple d’Israël, était destiné à toute l’humanité. C’est la raison pour la quelle nous voyons les mages consulter les rabbins de l’époque… Les présents offerts étaient déjà dans le premier testament- voyez le psaume 71 et aussi notre première lecture au verset 6. La signification de ces présents est la suivante : l’or représente la royauté, l’encens la divinité. L’évangéliste ajoute la myrrhe. C’est un parfum élaboré à partir de la gomme produite par un arbrisseau du pays. Ce parfum était utilisé pour embaumé les corps après la mort…

Pour nous montrer que Jésus est le nouveau Moïse, ce qui sera une des grandes préoccupations de l’évangéliste, ce dernier nous dit que Jésus va échapper à celui qui voulait sa mort comme Moïse avait échappé à la mort voulue par le Pharaon. Il nous dit que les mages repartent par un autre chemin. Mais cet autre chemin ne serait-il pas pour nous, symboliquement, un appel à revenir par un autre chemin : celui que Jésus nous invite à suivre en suivant l’étoile de l’évangile !

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