Paroisse Saint-Jean-Baptiste de Sceaux
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Revue de presse : articles de presse


Extrait de la tribune dans le Figaro de Mgr Nicolas Brouwet, évêque de Tarbes et Lourdes

(...) Quand un prêtre accepte une telle mission, il est bien sûr envoyé pour prêcher l’Évangile, pour baptiser, pour célébrer la messe. Mais il ne peut le faire en vérité que s’il est immergé dans la vie de sa communauté, que s’il partage avec les habitants de sa paroisse leurs joies et leurs peines. Un prêtre ne fait pas qu’enseigner ou célébrer des sacrements. Il visite les malades, reçoit ceux qui frappent à sa porte, accompagne les mourants, console leurs proches, prépare des jeunes au mariage, catéchise les enfants. Accueilli dans les familles pour un repas, pour une prière, pour se réjouir d’une naissance, pour bénir une maison, il tisse avec les fidèles des liens profonds, faits de confiance, de respect, d’amitié. C’est ainsi, par sa proximité, par sa simplicité, par sa sagesse et par sa foi, qu’il parle de Dieu qui s’est fait proche et qui regarde tout homme avec bonté.

Cet engagement est d’autant plus fort que le prêtre vient d’ailleurs. Parce qu’il doit apprendre une langue, entrer dans une culture, s’adapter à un nouveau rythme de vie. Avec ce que cela comporte de déplacements intérieurs, de travail sur soi-même, mais également de renoncements. Un prêtre ne part pas en mission pour lui-même ; il vient à la rencontre d’un peuple qu’il tente de comprendre et d’aimer.

Voilà pourquoi il ne peut pas vivre à distance de ses fidèles ; il vit avec eux, au milieu d’eux, annonçant Jésus-Christ dans leur existence la plus ordinaire. Il est présent quand ils se réjouissent ; mais il partage aussi leurs épreuves, leurs peurs et leurs échecs.

C’est pour cette raison, me semble-t-il, que le père Vandenbeusch n’a pas quitté le Cameroun. Il n’y était pas en vacances ; il n’y était pas pour son compte ; il n’y était pas pour en tirer profit. Il n’y était pas pour lui-même mais pour le service de l’Église du Cameroun. Les moines de Tibéhirine - dont le souvenir a été gardé dans le film Des hommes et des dieux - avaient refusé de quitter l’Algérie pour les mêmes raisons. « Il y a des moments où la fidélité à la parole donnée, aux relations tissées, aux collaborations engagées est plus forte que le souci de se protéger » Le père Vandenbeusch savait ce qu’il risquait en restant dans la communauté qu’on lui avait confiée. L’ambassade de France le tenait régulièrement informé de la situation et des dangers qu’il encourait. Mais sa place était auprès de ceux qui l’avaient accueilli et qui, très vite, avaient mis leur confiance en lui.

Ce n’est pas à l’approche du danger qu’un prêtre quitte sa paroisse.

Je comprends tout ce que cette attitude peut avoir de gênant pour les autorités françaises. Et tout ce que cela peut avoir de choquant pour ceux qui estiment que nous ne devons pas mettre la France dans un tel embarras. Mais il y a aussi des moments de l’existence où la fidélité à la parole donnée, aux relations tissées, aux collaborations engagées est plus forte que le souci de se protéger, de se mettre à l’abri ou même de sauvegarder sa propre vie.

Il y a des moments où l’appel à servir et à se donner est plus fort que toutes les inquiétudes au sujet de soi. Il y a des moments où la perspective du bien des autres a la priorité sur la recherche de son bien immédiat. Pour un chrétien, pour un prêtre, il y a des moments où la persévérance dans la mission reçue passe avant les légitimes préoccupations pour son avenir. Seule la conscience personnelle est capable de prendre cette décision et de savoir si l’être tout entier est prêt à s’y livrer et à en assumer les conséquences. Nous nous réjouissons que le témoignage qu’une telle liberté intérieure nous soit encore donné. C’est même notre fierté. (...)

Nous prions pour le père Georges Vandenbeusch afin qu’il garde sa force intérieure et son espérance. Nous prions pour sa libération. Et nous remercions déjà tous ceux qui, d’une manière ou d’une autre, vont s’engager pour qu’il retrouve sa liberté.

Mgr Brouwet.

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