Paroisse Saint-Jean-Baptiste de Sceaux
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    L’église Saint-Jean-Baptiste

L’église Saint-Jean-Baptiste

L’église de Sceaux à travers les siècles

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  • 1er octobre 2013

A l’origine simple chapelle dépendante de Chatenay, l’église paroissiale de Sceaux est dédiée à saint Mammès et à saint Jean-Baptiste.

De style gothique, on y relève de nombreux monuments funéraires des XVIIe et XVIIIe siècles, un orgue XVIIe et des vitraux allant du XVIe au XIXe.


L’église de Sceaux est dédiée à saint Jean-Baptiste et, fait moins connu aujourd’hui, à saint Mammès. La dédicace à saint Mammès est la plus ancienne, elle remonte à la première moitié du Moyen-Age, époque à laquelle il était très vénéré.

  • L’existence à Sceaux, d’une chapelle dépendante de Chatenay, est attestée dès le XIIe siècle. A cette époque se construit la cathédrale de Langres également dédiée à saint Mammès dont le culte est alors immense : Langres est le but d’un pèlerinage où l’on se rend de toute l’Europe.
  • De cette ancienne chapelle ne restent que de gros moellons à la base du clocher. Au XIIIe siècle, à la demande d’Eudes de Sully, évèque de Paris, le bâtiment est agrandi à la taille qu’on lui connaît actuellement. Elle est alors dédiée à saint Jean-Baptiste, sans que le nom de saint Mammès lui soit retiré. C’est à cette date qu’est construit le clocher actuel.
  • La dédicace à saint Jean-Baptiste commance à supplanter celle à saint Mammès en 1476, lorsque Jean Baillet, seigneur de Sceaux reconstruit le bas-côté nord : comme c’est alors l’usage, il donne le nom de son saint patron à l’église qu’il a aidé à reconstruire.
  • En 1530, un incendie parti d’un four à pain, ravage tout le village et rend nécessaire une nouvelle reconstruction de l’église dont ne subsiste alors plus que les murs (les vitraux XVIe de la chapelle de la vierge ont été achetés et placés là au XIXe siècle. Ces vitraux représentent des prophétesses païennes, les sibylles. Une telle représentation peut surprendre dans une église mais l’époque pensait que certaines d’entre elles avaient prédit la venue du Messie). Une clef de voûte du choeur, portant la date de 1541 rappelle ces travaux autant qu’elle indique leur durée.
  • Jean-Baptiste Colbert ayant été seigneur de Sceaux, ses armoiries, d’or à la couleuvre d’azur, figurent sur la clef de voûte du chœur. On prend alors l’habitude de nommer l’église « paroisse saint-Jean-Baptiste », du nom du ministre. Colbert commande un groupe en marbre représentant le baptème du Christ pour la chapelle du château de Sceaux dont il est propriétaire. Il en donne la copie en plâtre à l’église paroissiale. Après la destruction du château au XIXe, c’est l’original en marbre qui est dans l’église.
  • Le XVIII voit la construction de la voûte de la nef en arc de cercle et la réfection de la façade.
  • Il y a dans notre église un grand nombre de plaques funéraires.

La plaque d’un certain Pierre Courtois, garde à cheval des plaisirs du roi qui demande des messes pour le repos de son âme.
L’épitaphe du fils de Louis XIV et de favorite Madame de Montespan, Louis Auguste de Bourbon, duc du Maine (1670-1736). Elevé par la veuve Scarron, future Madame de Maintenon, et légitimé par le roi en 1673, il épouse Madame de Charolais, Anne-Louise Bénédicte de Bourbon-Condé (1676-1753), petite fille du Grand Condé. Il cherche à jouer un rôle politique après la mort de son père puis se retire dans sa propriété de Sceaux où la duchesse du Maine donne de grandes réceptions.
Ils ont été enterrés dans l’église, avec leur fils Louis Charles de Bourbon (1701-1775). Depuis 1793, seule en subsiste une plaque de marbre noir :

« Ici reposent les cendres de très haut, très puissant et très excellent prince Louis Auguste de Bourbon, duc du Maine, prince légitimé de France, par la grâce de Dieu, prince souverain de Dombes, duc d’Aumale, comte d’Eu, commandeur des ordres du roi, lieutenant général de ses armées, colonel général des Suisses et Grisons, gouverneur et lieutenant général pour sa majesté, dans ses provinces du haut et bas Languedoc, grand maître et capitaine général de l’artillerie de France. Décédé en son château de Sceaux le 14 mai 1736, âgé de 66 ans De très haute, très puissante, et très grande princesse Louise Bénédicte de Bourbon, princesse du Sang son épouse. Décédée à Paris le 23 janvier 1753 âgée de 77 ans. Et de très haut, très puissant et excellent prince Louis Charles de Bourbon, comte d’Eu, leur fils, décédé à Sceaux le X juillet 1775 âgé de 73 ans 9 mois moins 11 jours ».

Le tout est accompagné des armoiries du couple ducal (De France au bâton péri en barre pour le duc ; au bâton péri en bande, armes des Condé, pour la duchesse) accompagnés de canons symbolisant l’office de grand maître de l’artillerie.
Cette plaque était autrefois à plat dans le chœur, au-dessus du caveau seigneurial.
on peutr aussi distinguer les armoiries des ducs du Maine sur des clefs de voûte, juste avant le choeur.

  • Ecrivain, fabuliste et neveu de Voltaire, Jean-Pierre Claris de Florian (1755-1794), membre de l’Académie française, s’installe à Sceaux. Il est l’auteur de fables dont sont issues nombres d’expressions aujourd’hui courantes : pour vivre heureux, vivons cachés, chacun son métier, les vaches seront bien gardées, rira bien qui rira le dernier, éclairer la lanterne.
  • C’est alors qu’éclate la Révolution. En août 1792, la dalle des ducs du Maine est fracassée. Pourtant, en mars 1793 un messe est dite pour le repos de l’âme du duc de Penthièvre au cours d’une cérémonie officielle. Puis en avril de la même année, c’est une autre messe qui est dite pour les obsèques du curé. Mais la Convention ne pouvant admettre que l’homme trouve son salut ailleurs que dans la Révolution, les objets du culte sont volés et fondus pour payer la guerre, le groupe donné par Colbert, représentant le baptême du Christ, est brisé à la masse. On détruit la flèche et les cloches sont descendues et envoyées à la fonte. Le Comité de Salut-Public désire également la destruction de l’orgue, coupable d’avoir célébré « les ci-devant fêtes de la Superstition » (sic), mais il est sauvé par le maire, François Desgranges, qui empêche aussi la destruction du maître-autel et des stalles.
  • L’église de Sceaux est fermée et transformée en « Temple de la Raison » le 30 novembre 1793, à la suite du décret de la Convention du 10 novembre. L’église se retrouve ainsi couverte de tricolore et surmontée d’une statue de la Liberté. C’est au cours d’une fête de la Raison, avec procession de la déesse Raison figurée par la fille d’un notable local, qu’on tente de brûler la châsse de saint Mammès mais elles sont sauvées par un ancien paroissien, un nommé Mauffra, qui sauve aussi les archives et cache la statue de la Vierge à l’Enfant qu’on peut toujours voir dans la chapelle de la Vierge, à l’opposé des reliques de saint Mammès. On est frappé de remarquer que les iconoclastes appartiennent à des classes aisées tandis que les sauveurs d’objets religieux sont de milieux modestes.
  • En janvier 1794, la tombe des ducs est profanée, leurs restes jetés dans une fosse, située rue des Ecoles, à l’emplacement d’un actuel office notarial. Les cercueils, de plomb, sont fondus pour fabriquer les balles pour les guerres de la Révolution. Là encore les plaques de cuivre portant les noms de défunts sont sauvées par des paroissiens (elles ont disparu après la guerre de 1870).
  • Le 22 mai 1794, l’édifice devient le Temple de l’Etre Suprême :« le peuple français reconnaît l’Etre Suprême et l’immortalité de l’âme », proclame alors la façade. Car on a beau déterrer les morts, on croit à la vie éternelle, pourvu qu’elle soit révolutionnaire...
  • Florian est arrêté en 1794 par les Révolutionnaires en raison d’un poème écrit à Marie-Antoinette avant la Révolution. Libéré, il meurt néanmoins des suites des mauvais traitements subis lors de sa détention. Arrestations de poètes, destructions d’oeuvres d’art, interdictions de la liberté d’expression religieuse, la Révolution est à bout de souffle : le 21 juin 1795, Robespierre ayant été renversé l’année précédente, le sectarisme cède à la foi, l’église est enfin rendue au culte, dans le fracas des retournements de vestes des notables locaux, occupés à faire disparaître toute trace de leurs anciennes allégeances.
  • Seulement trois années se sont écoulées depuis les premiers ravages de 1792 et l’église est totalement dépouillée, abîmée. Il faudra 60 ans pour que l’église réapparraisse à peu près comme elle était avant la tourmente révolutionnaire.
  • En 1804, elle se voit attribuer le groupe en marbre du baptême du Christ, provenant de la chapelle du château de Sceaux. Il est placé dans le choeur où l’on peut toujours le voir aujourd’hui.
  • Tout au long du XIXe siècle, l’église saint-Jean-Baptiste-saint-Mammès bénéficie de grands travaux d’entretien et d’amélioration. C’est à l’occasion de ces travaux qu’on retrouve, brisée, la plaque funéraire des ducs du Maine. Replacée dans l’église puis enlevée par un curé de Sceaux qui ne voulait pas d’un monument funéraire à la mémoire d’un enfant naturel (sic), elle n’est posée à son emplacement actuel qu’en 1957.

En 1837, on érige un monument à Florian à côté de l’église.

Comme il était méridional, les poètes provençaux de la Société des Cigaliers et des Félibres de Paris commencent à venir à partir de 1879, chaque premier dimanche de juin au tombeau de celui en qui ils voient leur précurseur.

C’est l’origine du jardin des félibres à côté de la paroisse, de l’expression Sceaux, la cité le plus méridionale de l’Ile-de-France et de la foire aux santons de Sceaux.

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